Histoires de Ch’ha
Histoires de Ch’ha
La femme de Ch’ha entend un jour un grand bruit dans le salon ou vient de rentrer son mari. Elle s’y precipite pour voir ce qui se passe :
– Ce n’est rien, dit Ch’ha, s’est juste mon manteau qui est tombe par terre…
– Mais comment ton manteau peut-il faire un tel bruit ?
– Et bien, c’est simplement qu’a ce moment la je le portais !
Ch’ha est confortablement installe sur le toit en terrasse de sa maison, jouissant de la douceur de l’apres midi. Tout a coup, quelqu’un l’appelle de la rue :
– Ch’ha! Ch’ha! Viens voir!
– Eh Ch’ha! Allez descends! J’ai une question a te poser!
Il appelle encore et encore. Ch’ha, qui n’arrive plus a jouir du calme, finit par descendre a contrecoeur. A sa porte, il trouve un homme la main tendue.
– Ch’ha, peux-tu me donner une piece d’un Dirham?
– Ah! C’etait ça, ta question importante! C’est pour ça que tu as derange ma tranquillite! Suis-moi!
Le mendiant grimpe peniblement avec Ch’ha jusqu’a la terrasse.
– Maintenant, dit Ch’ha, je te donne ma reponse : c’est non, que Dieu te donne.
On dit que Ch’ha etait plutot laid. C’est pourquoi sa femme, a la veille d’accoucher de leur premier enfant, est prise de crainte qu’il puisse lui ressembler. La voyant soucieuse, Ch’ha la questionne, et elle finit par avouer ce qui la tourmente :
– Ch’ha, mon mari, Dieu ne t’a pas fait bien beau et tu le reconnais toi-meme. J’ai peur que, si c’est un garçon, il ne soit tout ton portrait.
– O Aicha, si cet enfant me ressemble, ce sera qu’un petit malheur. Ce qui est un grand malheur, en revanche, c’est qu’il ait la tete de notre voisin.
ARIELLE


