Le chemin de Vanessa De Loya vers Israël
Le chemin de Vanessa De Loya vers Israel
Nous avons quitté le Maroc un mois après la guerre des Six Jours, lorsque j’avais 10 ans. Depuis, mon lien diasporique au peuple juif a été étoffé par des cours de Talmud et des lectures choisies.
Joseph Kessel, avec son livre Terre d’amour et de feu, m’a hautement inspirée. À 14 ans, j’ai rendu visite à mon frère, membre du kibboutz Karmia, et lui ai fait part de mon désir de vivre en Israël. Comme j’étais mineure, il s’est porté tuteur et m’a d’emblée initiée à Martin Buber !
Emplie d’utopie, je rayonnais, un constant sourire aux lèvres… J’ai suivi un oulpan d’un an au kibboutz Nirim. Rencontrer des pionniers bâtisseurs m’a émue. Ce pays conjugue lutte, courage et espérance, un socialisme intense à visage humain.
J’ai passé mon bac en français et, attirée par le désert, j’ai choisi d’étudier à l’Université de Beer-Sheva. La prohibition de certains philosophes dits subversifs a précipité mon retour à Paris. Conforme à ma paracha de naissance, « Lekh lekha », j’ai vécu en Italie et en Californie.
Aujourd’hui, je suis revenue à la maison, j’ai jeté l’ancre, pour en finir avec la représentation et ses porte-à-faux, pour vivre au plus près de ma vérité, le regard porté sur l’altérité.
Vanessa De Loya, psychanalyste
