Le Maroc distingue la chercheuse israélienne Einat Levi pour son apport intellectuel au dialogue interculturel et à la préservation du patrimoine juif
Le Maroc distingue la chercheuse israélienne Einat Levi pour son apport intellectuel au dialogue interculturel et à la préservation du patrimoine juif
La rédaction de «Barlamane.com»
Le Forum Salam, placé sous l’égide du ministère de la culture, a décerné son prix «Coup de cœur» à la chercheuse israélienne Einat Levi, installée au Maroc depuis quinze ans, lors d’une cérémonie organisée à Sidi Kacem, rapportent les médias locaux. Cette distinction salue un parcours consacré à l’étude des relations entre cultures, au dialogue intellectuel et à la coopération entre sociétés.
Arrivée au Maroc il y a quinze ans, Mᵐᵉ Levi a d’abord accompagné des délégations d’hommes d’affaires et de visiteurs israéliens à travers le pays. Après l’ouverture du bureau de liaison d’Israël à Rabat, elle a rejoint cette représentation diplomatique en qualité de conseillère économique, avant de quitter ses fonctions deux ans plus tard pour créer une organisation à but non lucratif dédiée au rapprochement entre Marocains et Israéliens et à la sauvegarde du patrimoine juif marocain.
Reconnaissance culturelle de la coexistence globale
Le comité du prix souligne que cette distinction entend reconnaître «une contribution intellectuelle remarquable à l’étude des relations interculturelles, du dialogue et de la coopération, et un engagement constant en faveur d’une compréhension approfondie entre communautés et nations». Mᵐᵉ Levi est l’unique ressortissante israélienne parmi les lauréats de cette édition. Elle reçoit cette distinction aux côtés d’André Azoulay, 84 ans, conseiller de longue date des souverains marocains et figure majeure du judaïsme marocain. La chercheuse évoque «un dirigeant juif d’une stature exceptionnelle, grâce auquel de nombreuses portes se sont ouvertes pour elle au Maroc».
L’annonce de cette récompense a ému Mᵐᵉ Levi, «surprise, bouleversée, au point de ne pouvoir retenir ses larmes, rappelant que le cœur a toujours guidé son chemin vers le Maroc», écrit la même source. Évoquant la période ayant suivi les attaques du 7 octobre et le déclenchement de la guerre à Gaza, elle confie «s’être interrogée sur son retour au Maroc et sur son sentiment de sécurité», tout en affirmant «se sentir globalement en sûreté, malgré certaines précautions, et être traitée avec respect par des citoyens marocains pleinement conscients de son identité israélienne».
Pour la lauréate, cette distinction dépasse sa trajectoire personnelle. Elle estime que «le fait d’honorer une Israélienne et une personnalité juive marocaine reconnue, durant une période marquée par des boycotts et des manifestations, constitue un signal explicite sur la position des autorités marocaines». Elle y voit «l’expression d’une volonté de promouvoir les relations interculturelles et la compréhension mutuelle, malgré un climat régional largement défavorable à Israël».
