IRAN-ISRAEL – INDIGNATION A MÉMOIRE SÉLECTIVE – Rene Seror
IRAN-ISRAEL – INDIGNATION A MÉMOIRE SÉLECTIVE – Rene Seror
Les réactions suscitées par la supposée implication de Benjamin Netanyahou dans une tentative de recomposition politique iranienne, autour du fils du Shah, interrogent moins par leur contenu que par leur caractère systématique.
Une fois encore, l’indignation surgit dès lors qu’Israël est mentionné, comme si toute initiative, réelle ou supposée, devait être disqualifiée a priori.
Cette réaction contraste, avec le silence,voire l’enthousiasme, qui accompagna, à la fin des années 1970,
le soutien accordé à l’ayatollah Khomeiny.
Accueilli en France, bénéficiant d’une couverture médiatique favorable et d’une indulgence notable d’une partie des élites intellectuelles, il fut longtemps perçu comme une alternative progressiste au régime du Shah.
L’histoire a pourtant montré combien cette lecture était erronée, et combien ses conséquences furent tragiques pour le peuple iranien.
Cette comparaison n’est pas un procédé rhétorique gratuit.
Elle met en lumière une constante idéologique : les jugements portés ne reposent pas tant sur la nature des régimes ou sur les principes démocratiques que sur l’identité des acteurs impliqués.
Certains bénéficient d’un crédit moral quasi automatique ; d’autres, au premier rang desquels Israël, sont frappés d’une suspicion permanente.
Le régime iranien actuel est une théocratie autoritaire, engagée dans une politique de répression intérieure sévère et dans une stratégie régionale agressive.
Il menace explicitement l’existence d’Israël.
Que ce dernier s’intéresse, de près ou de loin, à l’évolution politique iranienne relève moins du scandale que de la logique géopolitique.
L’indignation sélective, lorsqu’elle devient réflexe, perd toute valeur morale.
Elle cesse d’éclairer le débat public et contribue, au contraire, à le caricaturer.
Une critique sérieuse exige cohérence, mémoire et rigueur trois qualités trop souvent absentes lorsque le sujet touche à Israet
