“Coffret Kebir Mustapha Ammi” : Cinq romans pour entrer dans l’univers de Kebir Mustapha Ammi

“Coffret Kebir Mustapha Ammi” : Cinq romans pour entrer dans l’univers de Kebir Mustapha Ammi

 

 

Un coffret réunissant cinq romans de l’écrivain Kebir Mustapha Ammi vient de paraître aux éditions “Le Fennec”, proposant, en un seul ensemble, une traversée d’une œuvre romanesque travaillée par le voyage, les identités et les frictions de l’Histoire.

Par Wissam El Bouzdaini

Kebir Mustapha Ammi. Le coffret est proposé au prix public de 250 dirhams.

Intitulé “Coffret Kebir Mustapha Ammi”, l’objet est présenté par l’éditeur comme un “coffre” destiné à mettre en lumière, parmi tous les genres pratiqués par l’auteur, ce que son catalogue considère comme son versant le plus emblématique: le roman. “Le Fennec” y décrit une plume portée par une “fidélité intérieure” et un “humanisme résolument moderne”, où le Maghreb arabe occupe une place centrale.

Le coffret rassemble “Feuille de verre”, “Le ciel sans détours”, “Les Vertus immorales”, “Mardochée” et “Un génial imposteur”, cinq récits aux tonalités différentes mais reliés par un même sens du récit et une même attention aux destins saisis dans la durée.

Dans “Feuille de verre”, Ammi suit un enfant des rues arrivé à Tanger, libre parce qu’il ne possède rien, dont l’existence devient l’objet d’un marchandage: un journaliste lui propose d’acheter le récit de sa vie. Le roman se construit sur cette tension -dire, taire, vendre, survivre- et sur la dignité fragile d’un enfant qui refuse d’être réduit à un “sujet”.

Avec “Le ciel sans détours”, l’écrivain dresse le portrait d’une femme, Fdéla, “vieille comme le siècle”, dont l’histoire se confond avec celle du Maroc contemporain, du protectorat en 1912 aux secousses sociales de la fin du XXe siècle. C’est une voix de femme qui traverse l’époque sans s’y soumettre, recomposant une mémoire à hauteur d’existence, entre endurance et insoumission.
“Les Vertus immorales” joue la carte de l’aventure et du décentrement: un narrateur né à Fès au début du XVIe siècle, nourri de lectures de Marco Polo, s’engage vers le Nouveau Monde, et ses rencontres sur le continent américain l’obligent à revoir sa conception de la morale et de la vertu. Un roman de déplacement, où l’altérité devient une école, parfois cruelle, du regard.

Dans “Mardochée”, l’Histoire remonte à la surface sous forme de confession: en 1886, un vieux Juif marocain raconte sa jeunesse, ses voyages et, surtout, sa rencontre avec Charles de Foucauld, dont il fut le guide au Maroc. À travers cette relation, le livre revisite les zones grises de l’exploration, du déguisement et du savoir comme instrument de puissance.

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