Sondage : près d’un Juif israélien sur deux dit s’être rapproché de son identité juive depuis le 7 octobre

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Sondage : près d’un Juif israélien sur deux dit s’être rapproché de son identité juive depuis le 7 octobre

71 % des répondants mizrahim (orientaux) déclarent un renforcement identitaire, contre 34 % chez les ashkénazes

Le massacre du 7 octobre 2023 et la guerre qui a suivi ont profondément bouleversé la société israélienne. Mais loin d’avoir affaibli le sentiment identitaire des Juifs d’Israël, ces événements semblent avoir produit l’effet inverse. Selon le « Baromètre Tzohar du judaïsme et de la tradition », près de la moitié des Juifs israéliens (48 %) affirment s’être renforcés dans leur identité juive depuis le début du conflit, dont 27 % qui disent s’y être « beaucoup » rapprochés.

Cette étude met en lumière une évolution davantage nationale et culturelle que strictement religieuse. Ainsi, 65 % des personnes interrogées déclarent que leur lien avec l’État d’Israël et la terre du pays s’est renforcé, tandis que 60 % disent ressentir un attachement accru au peuple juif. En revanche, les proportions sont plus faibles concernant la foi religieuse : 43 % évoquent un renforcement de leur croyance en Dieu et 41 % un rapprochement avec la tradition juive.

Le sondage montre également une évolution dans la manière dont les citoyens se définissent. Une majorité de Juifs israéliens (60 %) affirment aujourd’hui se sentir davantage juifs qu’israéliens. Parmi les 11 % ayant modifié leur réponse depuis le 7 octobre, les trois quarts sont passés d’une définition prioritairement « israélienne » à une identité d’abord « juive ». Seule exception notable : le public laïc, dont 75 % continuent à se définir davantage comme israéliens que juifs.

Le phénomène traverse toutefois plusieurs catégories de la société. Les traditionalistes sont les plus nombreux à signaler un renforcement identitaire (68 %), mais même parmi les laïcs, plus d’un quart des répondants (26 %) disent avoir resserré leur lien au judaïsme. Le sondage souligne aussi un écart d’origine : 71 % des répondants mizrahim (orientaux) déclarent un renforcement identitaire, contre 34 % chez les ashkénazes.

Dans ce contexte de guerre prolongée, la tradition apparaît comme un facteur de résilience. Quarante-quatre pour cent des répondants disent s’être appuyés sur la tradition ou la foi pour faire face aux difficultés liées au conflit. Ce chiffre atteint 89 % chez les haredim et 61 % chez les traditionalistes. Par ailleurs, 68 % soutiennent une présence du judaïsme et de la tradition dans l’espace public, tandis que 63 % considèrent cette « réveil juif » comme globalement positif.

Le rabbin David Stav, président de l’organisation Tzohar, estime que ces résultats traduisent un rapprochement spontané, culturel et identitaire avec le judaïsme, y compris chez une partie du public laïc, plus qu’un mouvement classique de retour à la pratique religieuse.

Le sociologue Nissim Leon, qui a accompagné l’étude, souligne de son côté une réalité plus nuancée. Selon lui, la tradition sert aujourd’hui de ressource de cohésion personnelle et collective face à l’incertitude de la guerre, tout en suscitant chez certains milieux laïcs la crainte que ce mouvement identitaire soit récupéré à long terme par des forces politiques religieuses ou nationalistes.

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