Accepteriez-vous un musulman et un juif dans votre famille ou votre quartier ? Une étude a recueilli les réponses d’Européens de l’Est, du Centre et de l’Ouest !

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Accepteriez-vous un musulman et un juif dans votre famille ou votre quartier ? Une étude a recueilli les réponses d’Européens de l’Est, du Centre et de l’Ouest !

Le rideau de fer qui divisait autrefois l’Europe a peut-être disparu, mais le continent est aujourd’hui divisé par de profondes divergences d’opinions sur la religion, les minorités et les questions sociales telles que le mariage homosexuel et l’avortement légal.

En effet, comparativement aux Européens de l’Ouest, les Européens d’Europe centrale et orientale sont moins nombreux à accueillir des musulmans ou des juifs dans leurs familles ou leurs quartiers, à accepter le droit de marier des couples homosexuels ou lesbiens, ou à élargir la définition de l’identité nationale pour y inclure les personnes nées hors de leur pays.

Ces différences ressortent d’une enquête menée par le Pew Research Center auprès de près de 56 000 adultes (âgés de 18 ans et plus) dans 34 pays d’Europe occidentale, centrale et orientale.

En effet, comme le suggère cette enquête, le fossé continental en matière d’attitudes et de valeurs peut être extrême dans certains cas.

Par exemple, dans presque tous les pays d’Europe centrale et orientale interrogés, moins de la moitié des adultes se disent prêts à accueillir un musulman dans leur famille ; dans presque tous les pays d’Europe occidentale interrogés, plus de la moitié se disent prêts à accueillir un musulman dans leur famille. Un clivage similaire apparaît entre l’Europe centrale et orientale et l’Europe occidentale concernant l’accueil des juifs au sein d’une famille.

Sur une autre question, les Européens de l’Ouest sont également plus enclins que leurs homologues d’Europe centrale et orientale à déclarer qu’ils accepteraient la présence de musulmans dans leurs quartiers.

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Par exemple, environ 80 % des Finlandais se disent prêts à accepter les musulmans comme voisins, contre environ 25 % des Ukrainiens.

Bien que le fossé soit moins marqué, les Européens de l’Ouest sont également plus enclins à accepter la présence des Juifs dans leurs quartiers.

D’après l’enquête en question, rapporte le Telegraph, les attitudes envers les minorités religieuses dans la région sont étroitement liées à différentes conceptions de l’identité nationale.

Lorsqu’ils se trouvaient dans la sphère d’influence de l’Union soviétique, de nombreux pays d’Europe centrale et orientale ont officiellement tenu la religion à l’écart de la vie publique.

Mais aujourd’hui, pour la plupart des habitants de l’ancien bloc de l’Est, être chrétien (catholique ou orthodoxe) est une composante importante de leur identité nationale.

En Europe occidentale, en revanche, la plupart des gens ne considèrent pas la religion comme un élément important de leur identité nationale.

Certes, tous les pays européens ne se positionnent pas sur ce modèle.

Par exemple, dans les pays baltes que sont la Lettonie et l’Estonie, la grande majorité des gens se disent chrétiens (plus précisément luthériens) et estiment que cela n’a aucune importance pour leur identité nationale.

Cependant, relativement peu d’entre eux se disent prêts à accepter les musulmans comme membres de leur famille ou comme voisins.

Mais une tendance générale Est-Ouest se manifeste également dans au moins une autre mesure du nationalisme : le chauvinisme culturel.

Malgré quelques exceptions, les Européens d’Europe centrale et orientale sont généralement plus enclins à affirmer la supériorité de leur culture.

Les huit pays où cette attitude est la plus répandue sont tous géographiquement situés à l’Est : la Grèce, la Géorgie, l’Arménie, la Bulgarie, la Russie, la Bosnie, la Roumanie et la Serbie.

Ensemble, ces questions, ainsi que d’autres relatives à l’identité nationale, aux minorités religieuses et à la supériorité culturelle, semblent révéler une fracture européenne, avec un nationalisme religieux très marqué à l’Est et une plus grande ouverture au multiculturalisme à l’Ouest.

Par ailleurs, selon le sondage en question, d’autres questions posées lors de l’enquête révèlent un « fossé des valeurs » entre l’Est et l’Ouest concernant des enjeux sociaux majeurs, tels que le mariage homosexuel et l’avortement légal. /Telegraph/

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